La vie est un jeu aux possibilités infinies

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12 Avr

Parfois la sortie de zone de confort est plus une nécessité qu’une envie pour la plupart d’entre nous, un besoin viscéral de changer le cours de sa vie devient vital, une obsession et c’était mon cas.

Je fais partie de ceux qui pensent que de ne pas partir avec les bonnes armes dans la vie n’est pas une fatalité, que de grandir sans repères ne fait de nous des adultes perdus, que le manque d’amour ne pardonne pas tout et que les plus grands d’entre nous ont connu les pires tragédies.

Je suis cet enfant de 5 ans séparé de sa maman, traversent la Méditerranée au bras de son père, pour ne revenir que dix ans plus tard !

Je suis cette pré-adolescente mal dans sa peau, manquant de confiance, vivant dans un pays qui lui est étranger, tant on lui rappel constamment et sans arrêt qu’elle n’est pas chez elle, vivant avec une belle mère, qui profite de l’absence du paternel pour faire valoir son pouvoir total, elle en use et en abuse, mais n’est-ce pas là le rôle d’une marâtre ?

Je suis cette adolescente qui ne trouve pas sa place même parmi les siens, se sentant toujours mal à l’aise, une peur viscérale de gêner, être de trop, qui s’excuse de vivre, qui veux plaire par tous les moyens, qui s’oublie au profit d’autrui, qui donne d’elle même sans compter, pourvu qu’on l’aime.

Une adolescente à l’imagination débordante et aux lectures abondantes, passionnée d’ésotérisme et d’histoire mais en échec scolaire.

Je suis cette toute jeune femme de 18 ans, revenant vers sa mère patrie, sa mère tout court, qui se reconnait dans les traits physiques de cette famille maternelle, qu’elle n’a que très peu connue, mise à part ça, rien ne les lie forcément !

Une jeune femme qui perdra sa mère 3 ans plus tard, une jeune femme qui se retrouve seule dans la jungle de la vie, qui ne maîtrise pas les codes européens du chacun pour soi et dieu pour tous, une fille qui côtoie la rue et ses habitants, qui connait le système social comme sa poche et qui a appris à ses dépens quelle n’est rien d’autres qu’un numéro de dossier aux yeux des assistantes sociales trop blasées…

À 23 ans, j’avais vécu ce que la plupart vivraient au cours d’une vie pour les moins chanceux, j’avais déjà connu l’abandon, l’expatriation, le deuil, le jugement, la méchanceté, le rejet, la solitude, la dépression, une crise identitaire et cerise sur le gâteau, je venais de perdre le taudis qui me servait d’appartement, drôle de vie pour une jeune fille dont le seul souhait était de faire des études de psychologie.

Et voilà que je me retrouve assise sur un trottoir à attendre qu’une place en foyer d’urgence se libère avec un sac de sport comme seule compagnon. 

C’est ce jour-là que tout a basculé, c’est ce 10 juillet où j’ai pris la décision de ne plus subir, je devais agir, j’étais au plus bas, j’avais touché le fond, on pouvait difficilement faire pire, alors il était temps de rebondir, visualiser un meilleur avenir, un futur où c’est moi qui pose les règles, un avenir 100% made in Lili, un futur sur mesure où je ne céderai sous aucun prétexte, faire le choix d’investir sur moi !

 

  • Première étape : définir des objectifs clairs (plus tard je comprendrai que c’était de la visualisation)
  • Deuxième étape : Passer à l’action
  • Troisième étape : 12 mois pour accomplir le tout, Deadline oblige

 

Un an et demi plus tard, j’avais perdu 20 kilos, après quelques postes de galère, j’ai décroché un poste chez EDF sans avoir fait d’études supérieures (mais ça c’est une autre histoire), trouver un super appartement dans un quartier cool de Marseille, un équilibre, je me suis construit un cercle d’amis au top que j’ai jusqu’à maintenant et posé les bases de mon futur projet : partir vivre dans ma ville de lumière, Paris.

Paris était pour moi signe, un phare

À présent, je suis cette femme de 34 ans, solide, qui regarde derrière elle avec tendresse, une adulte pleine de souvenirs et expériences en tous genres, une petite meuf qui a compris qu’on peut trouver du bon dans le mauvais qui nous entoure, que les plus démunis ne sont pas les plus à plaindre, qu’il ne faut jamais juger une personne sur ce qu’elle a vécu mais sur ce qu’elle fait pour s’en sortir, une femme au cœur d’enfant qui pense que la vie est un jeu pourvue qu’on en comprenne les règles, une jeune maman qui veux apprendre à ses enfants que tout est possible si nous le voulons vraiment et du moment qu’on est en phase avec nous-mêmes, une parisienne de naissance et d’adoption, pleine de projets qui souhaite transmettre son expérience au plus grand nombre afin d’aider d’autres personnes à sortir de leur zone de confort.

Mon association de développement personnel

« La vie n’est pas un long fleuve tranquille et heureusement »

 

Lili, Paris le 28/03/2017


À propos de Lili

Lili 34 ans, maman de deux magnifiques enfants, ancienne
gestionnaire en banque et assurance et actuellement présidente de THINK IN
MOVE, une association parisienne de développement personnel, qui prône le
passage à l’action.

Vous pouvez la suivre sur son Facebook et/ou Instagram.

01 Avr

À 21ans, j’avais un fiancé avec qui j’étais depuis l’âge de 15 ans, un appartement qui m’appartenait grâce à un crédit immobilier et je finissais de brillantes études en Économie en me spécialisant dans un Master en Management des Ressources Humaines. J’étais heureuse. On peut dire que tout allait pour le mieux pour moi.

À l‘époque, j’avais même fait mon stage à la SNCF, ce qui était le comble de la réussite ! En tant que stagiaire, je percevais un salaire et j’avais une carte de transport pour prendre le train de façon illimitée en première classe, ce qui me permettait de voyager entre Paris et ma Normandie natale. La vie me souriait et je souriais à la vie.

Pourtant, ça n’allait pas, je me sentais déjà « vieille » et coincée dans une vie mondaine sans même avoir vécue ma jeunesse. J’avais toujours cette petite voix en moi qui me disais que je passais à côté de quelque chose de grand. J’avais peur de rater ma vie, de manquer une expérience enrichissante dont je me souviendrais, le sourire aux lèvres, jusqu’à mes vieux jours.  Pour moi, la seule option était de partir faire mes preuves ailleurs. De voir si l’herbe y était plus verte et plus fraîche.

Probablement influencée par le succès de L’auberge Espagnole, je me suis mise bille en tête de vivre en Espagne. J’avais moi aussi envie de découvrir les joies et les galères de la colocation. Je voulais rencontrer de nouvelles personnes, manger les plats de colocataires venues des quatre coins d’Europe et embrasser une nouvelle culture (au sens propre comme au figuré). Mais j’étais en couple et très sérieuse !

Puis un jour, alors que ma relation sentimentale en France prenait fin, je suis allée rendre visite à un ami à Barcelone. Je suis littéralement tombée amoureuse de la ville. Ce qui était un séjour touristique de quelques jours s’est transformé en opportunité de futur. Je me suis dit « Je reste ! ». Et c’est ce que j’ai fait, je suis restée.

Mes premiers pas d’immigrée

Je suis arrivée sur le sol ibérique sans parler ni espagnole, ni anglais. Pourtant, je ne me posais pas trop de questions quant à l’avenir, ni à la recherche d’un travail, je croyais tout simplement en ma bonne étoile.

C’est en y croyant que les choses arrivent. Pour preuve, ça ne m’a pas pris longtemps à retrouver un travail. J’ai été recrutée par une entreprise américaine, friande de jeunes diplômés prêts à immigrer au soleil. À ce moment, je faisais partie de ces jeunes étrangers venus « découvrir la vie » contre un contrat indéfini et un salaire régulier (bien qu’il soit trois fois inférieur à celui que je touchais en France). J’étais jeune, j’avais un boulot, certes peu intéressant, mais payé tous les mois et j’habitais à Barcelone. Chaque jour, me paraissait une nouvelle aventure. En sortant du travail, j’allais me balader sur la plage ou, j’allais manger des tapas avec des amis rencontrés lors des soirées.

Durant un peu plus d’un an, j’ai vécu le rêve Barcelonais : la plage, les rencontres, la fête et un peu d’insouciance. J’ai aimé cette vie plus pétillante que celle que j’avais en France. J’ai profité de l’ambiance festive et des connaissances que je me suis faite pour apprendre à parler anglais et espagnol.  Toutefois, je me suis assez vite rendue compte que mes ambitions professionnelles étaient plafonnées dans l’entreprise où je bossais, mais également sur le marché du travail barcelonais.  En arrivant en Espagne, j’avais accepté de reprendre tout à zéro et j’avais pris un premier poste bien en dessous de mes compétences. Ce job m’a permis d’arriver tranquillement, sans prises de têtes et de m’intégrer tout en apprenant les langues étrangères. Mais, à présent, un an avait passé, je maîtrisais bien mieux les langues et j’aspirais à autre chose que faire la fête toute ma vie.

Des doutes et une remise en question m’ont fait partir vers de nouveaux horizons

En pleins questionnement sur le sens à donner à ma vie, j’ai fait la rencontre d’un nouveau collègue. Lui venait de République-Tchèque, où il avait travaillé sur un logiciel spécialisé en RH très réputé sur le marché. Nous nous sommes retrouvés à travailler sur un projet commun et nous finissions souvent tard le soir. Nous profitions de ce temps d’échange professionnel pour discuter de nos expériences respectives et c’est en lui faisant part de mes doutes sur mon avenir professionnel et ses débouchés qu’il m’a suggéré de postuler dans l’entreprise où il travaillait à Prague. Néanmoins, il m’a bien avisé de ne pas commettre la même erreur que lui et de négocier mon salaire d’embauche.

Sur ses conseils, j’ai postulé dans l’entreprise où lui-même m’a recommandé. Officiellement, je me spécialisais sur un logiciel très en vogue en RH dans les multinationales. Officieusement, je laissais la fête derrière moi et mes relations amoureuses compliquées.

L’entreprise, dont le siège européen était basé à Paris et qui se délocalisait en République-Tchèque a été ravie de recevoir ma candidature spontanée. J’avais tous les arguments pour faire le nouveau superviseur de l’équipe française à Prague : l’expérience, la connaissance et les langues. J’ai été prise immédiatement.

L’entreprise recherchait de jeunes français prêt à « s’expatrier » pour pas cher et moi je recherchais une nouvelle à page à écrire dans l’histoire de ma vie.

Vivre à l’étranger est toujours une expérience enrichissante, je le recommande vivement. J’y ai appris beaucoup, sur moi-même et sur les autres. Finalement, nous ne sommes pas vraiment différents les uns des autres.

L’important n’est pas où l’on part mais avec qui l’on part

Je venais de m’embarquer dans une nouvelle aventure, pensant avoir laissé derrière moi Barcelone et mes amours embrouillés. C’était sans compter sur la ténacité de mon compagnon de l’époque qui a tout fait pour venir avec moi. Ce n’est donc pas seule (comme prévu) que je suis partie en République-Tchèque, mais à deux.

Ce qui pourrait paraître un détail n’en était pas un car j’avais négocié un bon salaire pour une personne seule dans la capitale de bohème, mais pas pour un couple ! Je me suis retrouvée avec des dépenses dépassants largement mes revenus et j’étais incapable d’y faire face avec mon salaire local. C’est donc assez vite que j’ai pensé  mettre une date limite à cette expérience. Je me suis fixée d’y rester un an pour me spécialiser sur le fameux logiciel et je cogitais pour un plan futur.

Avec des hauts et des bas, mon expérience à Prague m’a remis sur les rails de l’employabilité. Forte d’un bagage culturel, professionnel et linguistique, j’avais désormais un CV qualifié de « sexy » sur le marché du travail un peu partout à l’étranger. J’ai donc décidé de repartir tenter ma chance en Espagne, visant désormais un poste à mon envergure.

J’avais remonté l’échelle sociale, échelon par échelon

De retour à Barcelone, j’ai repris mes marques et j’ai travaillé mon réseau social. Ça m’a pris un an de plus pour être embauché par le client que je gérais en République-Tchèque. Avec tous les atouts de ma candidature, je me suis vue offrir un poste de management d’une équipe européenne qui gérait les paies de tous les pays d’Europe à distance depuis Barcelone. J’avais quinze personnes de 12 nationalités qui me questionnaient chaque jour en trois langues différentes. J’étais fière de moi et de ma progression. J’avais tout quitté en France pour immigrer à l’étranger et enfin, le pari s’annonçait payant pour moi.  Je vivais dans la ville de mes rêves, j’avais un bon emploi, bien payé, que j’aimais et qui me donnait de la notoriété. Entre temps, ma relation amoureuse avait pris fin et je m’étais grandement récupérée économiquement.

Mon boulot me plaisait, j’étais à l’aise, je connaissais le job et j’avais acquis des facilités relationnelles en voyageant. La vie allait plutôt bien. Bien sûr, pour survivre psychologiquement, j’essayais au maximum de faire  abstraction du management toxique des multinationales. Mais en 2012, l’annonce est venue comme un couperet: « RÉDUCTION BUDGÉTAIRE », « ACTIONNAIRES ». Un émissaire venu des États-Unis nous a expliqué les nouvelles directives de l’entreprise et cela incluait mon poste ! C’était le choc pour moi. Du jour au lendemain, je perdais tous mes repères et surtout ma sécurité financière. J’ai été d’abord très en colère puis dans un esprit de revanche, j’ai cherché à combattre tant bien que mal. C’était peine perdue, la loi Espagnole ne protégeant pas vraiment les employés, je n’avais d’autres choix que d’accepter mon sort.

C’était le retour à la case départ. Tous ces efforts que j’avais faits pour retrouver une stature sociale et un équilibre financier s’écroulaient en l’espace de quelques jours. Ce n’était pas le sourire et les encouragements de mon collègue des Ressources Humaines qui me répétait « tu vas pouvoir voyager » qui me remontait le moral.

Le temps d’un licenciement

Blasée et sans autres options, j’ai pris le chèque qui allait avec le plan économique. Puis j’ai regardé l’autre côté des choses, j’ai cherché le positif de la situation et j’ai commencé à vivre. J’ai profité d’une période de chômage pour me construire une vie sociale en dehors du travail et participer activement à la vie associative de Barcelone. J’ai rejoint une association de femmes avec laquelle j’ai découvert des activités de développement personnel multiples et variées telles que la danse orientale comme moyen d’expression, le mindfulness et surtout, la « GESTALT ».  Cela a été la révélation. Je m’épanouissais, je rencontrais des personnes de tous âges et tous les milieux sociaux et je découvrais avec plaisirs le monde des thérapies humanistes et naturelles.

La Gestalt fait partie de la famille des thérapies psychocorporelles mais utilise souvent le jeu, la mise en scène des difficultés. Cet aspect ludique permet de comprendre l’origine de nos difficultés et d’expérimenter des pistes de solutions nouvelles.

Lors d’un atelier dans l’association où je participais, une thérapeute Gestalt est venue nous donner un aperçu de son travail et de la thérapie Gestalt. À la fin de la journée, elle me dit « tu as un truc qui ne s’explique pas, on dirait que tu es faite pour ça ». J’étais super flattée et heureuse. J’avais un talent que je ne soupçonnais pas. Cela a été un premier déclic.

Je l’ai contactée personnellement pour avoir les coordonnées de l’institut où elle avait étudié. Elle m’a fait une recommandation  et j’ai eu un entretien avec le directeur.

Je me voyais réorienter complètement ma carrière quand, coup du destin ou leçon de l’univers, au même moment, j’ai été contactée par un chasseur de tête pour me placer sur un poste de responsable Ressources Humaines.

barcelone

Mon rêve de salariée

C’était incroyable, j’avais décroché le poste de mes rêves sans même le vouloir. Il m’était offert sur un plateau et je n’avais rien à faire mis à part signer le contrat. Tout était ce que j’avais toujours rêvé : une start-up avec tout à construire depuis le début. Il fallait travailler dure et beaucoup pour bâtir des relations solides et avancer sur les projets de boulot en parallèle. Je me couchais à 2 heures du matin après des dîners avec les directeurs des différents sites et je me levais à 6 heures pour achever les tâches plus administratives. Ma vie était un film hollywoodien en version catalane. Je courais d’un avion à un autre, le téléphone collé à l’oreille et les dossiers de réunions sous le bras. J’aimais cette agitation et la rapidité d’action que cela requérait.  Tout ceci était presque parfait, mais cette vie ne me permettait pas d’avoir une autre activité que mon travail. J’étais une work-addict …

Malgré cela, la tension sous-jacente avec ma chef se faisait sentir. Elle faisait du travail une compétition permanente entre elle et moi. Ce qui me mettait à la fois mal à l’aise et en position de concurrence. Cette relation était toxique et me minait le moral. Je ne voulais pas me l’admettre et je préférais faire l’autruche, mais mon corps somatisait et je suis tombée malade. Elle a profité de ce « moment de faiblesse » pour me licencier (ce qui est permis en Espagne). Cette fois-ci, je n’avais plus envie de me battre. Je voulais juste que la transaction soit rapide.

De nouveau, j’ai pris le chèque de sortie, mais j’ai commencé à avoir de sérieux doutes sur mon envie d’être salarié et de travailler pour les autres.

Etait-ce cela la vie de travailleuse ? Bosse et tais-toi et en passant, fais le boulot pour les autres sans considération ?

Ma vie a (re)commencé

C’est vrai, j’étais de nouveau au chômage. Mais cette fois-ci, je n’étais pas vraiment prise au dépourvu. Le licenciement était presque devenu ma zone de confort. Loin de m’apitoyer sur ce sort, j’ai décidé de vivre autrement.

J’ai repris contact avec l’institut de Gestalt et je me suis engagée dans la formation.

Cela fait maintenant trois ans que je suis des cours pour me former au métier de thérapeute Gestalt en Espagne. En parallèle, j’ai suivi des cours de kinésiologie qui me permettent de travailler comme thérapeute, d’écouter les gens autour de moi et les aider à trouver une solution aux problèmes de leur vie.

De coach d’entreprise, je suis passée à coach de vie.


À propos de Virginie

Ex cadre en Ressources Humaines passionnée de psychologie et des relations humaines, Virginie est actuellement en formation pour devenir Thérapeute Gestalt et rédige son blog depuis Barcelone où elle habite.

Le blog Moi & Les Autres a pour objectif d’aider ses lecteurs à mieux percer les secrets de la psychologie afin de mieux se connaître pour partager des relations saines et harmonieuses avec les autres, savoir aimer et être aimé(e), et vivre une vie de façon satisfaisante et équilibrée.

14 Mar

Vous avez lu des dizaines de bouquins sur le développement personnel et la psychologie du succès, votre fil d’actualité Youtube ne cesse de défiler, vous avez dévoré conférences, interviews et vidéos de formation ?

Vous avez la sensation d’apprendre beaucoup de choses, d’être plus intelligent mais malgré tous vos efforts vous constatez tristement que rien ne change ou presque dans votre vie ? Si vous vous êtes reconnu dans ces quelques lignes : félicitations, vous êtes un procrastinateur intelligent.

Ça tombe bien, dans ce nouvel article « Ils l’ont fait » qu’Hanine a gentiment accepté, j’aimerai vous parler d’un jeu. 

Oui un jeu, mais pas n’importe lequel, cette découverte a totalement chamboulé ma vie et pourrait bien marquer un tournant dans la votre aussi …

Cette aventure m’a permis de devenir plus confiant, d’aller vers les autres et de créer des opportunités incroyables. Encore mieux, elle m’a permis de dépasser certaines peurs que je pensais insurmontables. Tout cela en pratiquant une thérapie du rejet !

Vous ne me croyez pas ? Vous avez raison, sur le web on achète vos clics à coups de promesses imaginaires et de titres racoleurs. Pour cette raison j’ai ramené des souvenirs :

Théorie du rejet

Je demande une prof en mariage avec sa classe pour témoin

 

therapie du rejet

En train de chanter dans une rue bondée

Vous vous demandez pourquoi je m’amuse à faire ces choses étranges ? Patience, vous allez tout comprendre, mais avant remontons un peu le temps.

L’élément déclencheur

Paris sous la pluie, la sonnerie retenti et annonce enfin la sortie des cours. Après avoir salué mes collègues je me précipite vers la bouche du métro. Les gouttes me fouettent le visage et je manque de me faire écraser par un chauffard au volant. À peine ai-je finis de traverser la route que mon cœur se met à battre. De plus en plus fort. Là, devant moi une femme me coupe le passage. Pas n’importe laquelle, le genre de femme qui vous impressionne, belle, sauvage. La vingtaine, vêtu d’une longue veste grise, de bottines élégantes et d’un parapluie couvrant ses cheveux onduleux. Tout mon être me crie d’aller la voir. Elle était juste là, à porté de main. Mais rien n’y fait, mon corps refuse d’avancer. Des excuses commencent à m’envahir, je ne suis pas assez bien, elle doit être pressée …

Je rentre chez moi et m’enferme dans ma chambre, trempé et pleins de regrets.

Ce jour j’ai pris la ferme décision de changer : fini les journées devant la console et les soirées à boire. Je devais vaincre mes peurs et passer enfin à l’action pour réaliser mes objectifs. Je ne savais pas encore comment mais j’y parviendrai coûte que coûte.

La thérapie du rejet

J’ai commencé à faire des recherches sur le rejet et deux semaines plus tard en surfant sur Youtube je tombe sur le Tedx d’un asiatique : Jia Jang, au titre accrocheur : « Rejet ou regret, à vous de choisir ». Ce monsieur raconte son histoire : il est arrivé aux USA avec pour ambition de devenir le prochain Bill Gates, avec le temps il choisit une vie tranquille et obtient un bon travail. Il avait une maison, une femme et une belle voiture. Le problème c’est qu’il n’était pas heureux : il ne se sentait pas accompli car il n’avait pas la sensation de réaliser ses rêves.

En discutant avec sa femme il prend donc la décision de devenir entrepreneur pendant les 6 prochains mois. Enthousiaste il se lance dans de nouveaux projets, mais rapidement il rencontre un problème : pour trouver des financements et de nouveaux clients il doit faire face aux rejets, et le fait qu’on lui réponde « NON » lui fait peur, le paralyse et l’empêche d’avancer.

Il existe deux types de personnes : celles qui se trouvent des excuses et celles qui cherchent des solutions. Jia Jang va donc faire des recherches et tenter de résoudre son problème de rejet.

C’est là qu’il découvre : « La thérapie du rejet » crée par un certain Jason Comely. En fait il s’agit d’un jeu quotidien pour bâtir une solide confiance en soi et vaincre la peur. Ce jeu a déjà conquis des milliers de joueurs aux USA. Les règles sont très simples, il n’y en a qu’une :

« Vous devez être rejeté par une autre personne au moins une fois, chaque jour »

Chaque jour il faut se mettre dans une situation où le rejet sera recherché et voulu. Pour réussir ce challenge vous devez obtenir un rejet à chaque fois, si ce n’est pas le cas vous n’avez pas réussi et il faudra recommencer. Vous réussissez la thérapie du rejet si vous parvenez au bout de tous les défis. Attention le but n’est pas de se faire violence, dans certaines situations un rejet peut être trop dur à encaisser et vous faire perdre confiance en vous.

Pour atténuer cette peur votre cerveau doit s’habituer progressivement à une situation, aller juste au delà de sa zone de confort.

Il y a quelques mois je suis allé voir un ami speaker à une de ses formations. J’étais vraiment impressionné par sa façon de parler en public. Lorsqu’il eu fini je suis allé le voir et je lui ai posé une question :

  • « Dis-moi Pierre est-ce que tu as toujours parlé de cette manière en public ? » « Ahah loin de là, tu m’aurais vu il y a 5 ans j’étais ridicule sur scène, quand j’ai voulu devenir conférencier j’ai du travailler ce point. Pour commencer je m’entraînais devant la caméra tout seul, ensuite devant ma mère, puis avec un petit groupe, 5, 10, 20 personnes. Je commençais à m’améliorer et j’ai continué à pratiquer suffisamment pour que ça devienne une habitude. Aujourd’hui j’ai toujours le trac avant de monter sur scène mais je suis content de mon évolution. »

Et c’est exactement de cette façon que nous devons nous y prendre pour vaincre nos peurs.

L’ascension

Après avoir réalisé plus de 100 rejets, Jia Jang nous explique ce qu’il a tiré de la thérapie du rejet :

Que ce soit pour inviter une fille ou demander une augmentation vous devrez forcement prendre le « risque » de vous faire rejeter.

Cette peur est totalement irrationnelle, car obtenir des « NON » c’est augmenter la probabilité d’avoir des « OUI ».

J’étais sous le choc : je venais enfin de trouver une solution pour vaincre mes peurs.

Dès le lendemain, tout excité je saisi ma Go pro et me dirige vers le métro pour réaliser mon premier défi : demander à monter dans la cabine du conducteur. Je descend les escaliers quatre à quatre face au vent. Les cris du métro retentissent il se met à ralentir.

Je me lance en direction du conducteur, toc à la porte vitrée et demande timidement :

  • « Bonjour monsieur … J’ai toujours rêvé de monter dans la cabine du métro voir ce que ça fait, je peux faire une station avec vous ? »
  • J’ai à peine le temps de finir ma phrase qu’il me répond : « Et bien continu de rêver ! » Il referme la portière violemment et le métro s’éloigne, dans l’obscurité du tunnel. Me laissant désemparé sur le quai …

Avec le recul la réaction du chauffeur me fait rire, mais sur le coup je peux vous dire que je n’allais pas bien ! Je suis resté là, assis sur le quai de longues minutes en repensant à ce qu’il s’était passé. Puis je me suis souvenu d’une phrase d’un mentor :

  • « Lorsque les gens rejetteront tes propositions, ils ne rejetteront pas ta personnalité et ce que tu es mais ta manière de communiquer et toutes les interprétations qu’ils feront de ton message ».

Peut-être que c’était justement ça le but de ce jeu : prendre du recul face aux rejets et arrêter de le prendre personnellement. J’ai alors pris mon courage à deux mains et je me suis dirigé vers la cabine du métro qui venait d’arriver. Et j’essaye à nouveau :

  • « Bonjour, j’ai toujours voulu monter à l’avant du métro pour voir comment c’était, est-ce que je pourrai vous accompagner juste une station ? »
  • Il me répondit simplement : « Hmm, normalement c’est interdit mais allez, si tu y tiens, monte ! »

C’est de cette manière que j’ai obtenu le premier OUI de ce défi : avec en bonus un petit voyage en première classe !

Observez cette vue magnifique !

En route vers le succès

Sur le chemin du retour je n’arrivais toujours pas à y croire : on pouvait réellement obtenir des choses incroyables juste en demandant ! De nouvelles possibilités s’ouvraient à moi.

J’ai alors mis en place un plan d’action de tous les défis que je voulais réaliser par ordre de difficulté. Je voulais commencer par des choses simples pour progresser petit à petit.

Le lundi je suis retourné dans les profondeurs du métro Parisien pour obtenir un ticket de métro gratuit. Le jour suivant c’est de la nourriture offerte que j’ai demandé, puis une fleur, un job pour une semaine, 100€ pour investir … Sans grande surprise les « non » se sont enchaînés mais bizarrement je n’ai eu aucune réaction violente ou méchante. Dans le pire des cas les gens m’ignoraient ou me prenaient de haut, dans le meilleur ils se mettaient à rire.

Le plus surprenant c’est que même en voulant me faire remarquer je passais la plupart du temps inaperçu. L’autre jour, alors que je chantais dans la rue pour réussir mon défi, les inconnus filaient de toute part sans me prêter la moindre attention, pareil pendant mon discours dans le métro. Les gens sont tellement absorbés par leurs problèmes quotidiens qu’ils ne vivent plus du tout l’instant présent et ne font pas attention à ce qui les entourent.

Moi le premier, je pensais être au centre du monde, que la moindre de mes erreurs seraient remarquée et pointée du doigt. En réalité la majorité est inconsciente de ce qui lui arrive, perdue dans un flot incessant de pensées, à ressasser le passé ou imaginer le futur.

Prendre conscience et agir

Pour créer du changement, vous devez d’abord être conscient de ce qui ne va pas et ensuite passer à l’action, ici et maintenant. Car c’est le seul moment que vous contrôlez vraiment, le passé est une accumulation de moment présent que vous ne pourrez plus jamais utiliser et le futur est totalement incertain.

La seconde où vous lisez cette ligne est la seul que vous possédez, c’est un cadeau à utiliser. Lorsque nous étions enfant nous n’avions pas à l’esprit nos futurs problèmes et cette notion d’échec, on essayait de se lever, on tombait, puis on recommençait. Ce n’est pas pour rien que c’est à cette époque que nous apprenions le plus de choses, nous étions à l’affût de nouvelles expériences et découvertes, nous voulions tester nos limites malgré les règles. Avec le temps nous avons laissé les autres nous façonner.

Retrouvons cette âme d’enfant !

C’est cet état d’esprit qu’il faut retrouver. Quelque soit notre âge nous pouvons encore évoluer, apprendre et designer notre vie idéale. Notre potentiel ne sera jamais suffisamment exploité, nous sommes les seuls capable de fixer nos limites, ne mettons pas la barre trop basse.

Au bout des dix premiers défis j’ai pris le temps de faire le bilan…

Dès les premiers jours je pouvais voir les résultats de cette thérapie du rejet. Au fur à mesure mes peurs et ma petite voix intérieure prenaient moins d’ampleurs. Je parvenais à prendre du recul par rapport aux jugements des autres, ce qu’ils pensaient me semblait de moins en moins important.

Plus surprenant : durant certains défis j’obtenais des « oui ». Ce qui donnait lieu à de drôles d’expériences, comme visiter les entrepôts d’un magasin, voyager dans la cabine du conducteur ou manger des frites gratuitement.

Avec le recul j’ai remarqué que pour obtenir une réponse positive la plupart du temps il suffisait de persister gentiment, ce qu’on pense être un « non » définitif est en fait très facile à transformer, derrière ce refus se cache souvent des petites raisons, il suffit de les contourner. Par peur d’être lourd on peut se sentir mal à l’aise au début d’insister mais c’est aussi un bon entraînement pour obtenir ce que vous voulez.

Et après ?

Pour ancrer une bonne habitude il faut au moins 21 jours.

J’ai décidé de réaliser 30 défis en vidéo pour vaincre définitivement ma peur du rejet. Que vous soyez Barack Obama, ma grand-mère ou Chuck Norris vous aurez toujours une certaine zone de confort, plus ou moins grandes. Le but de la thérapie du rejet est d’élargir suffisamment cette zone pour que vous puissiez faire ce qu’il faut pour atteindre vos rêves et surmonter les peurs qui vous bloquent.

Ce défi vous intéresse ? Je vous montre l’exemple sur ma chaîne Youtube avec prochainement des défis complètement dingues.

Affrontez vos peurs et devenez une personne remarquable …


À propos d’Albain Maz

Entrepreneur et fan de psychologie, Albain partage sur sa chaine Youtube et sur ses réseaux sociaux sa passion et traite de sujets aussi passionnants que la persuasion, l’influence sociale ou l’entreprenariat. Le tout sans prise de tête.

Vous pouvez le retrouver sur :
27 Jan

Une enfance rurale

La motivation et l’épanouissement, s’installent lorsque l’on trouve un sens à son travail, lorsque celui-ci répond à ses valeurs et attentes. La motivation est donc indispensable. Pas mal de personnes tombent malades quand elles sentent qu’elles ne sont pas à leur place.
Je suis issu d’un milieu auquel les médias n’accordent pas énormément de temps d’antenne : le milieu rural. Il est vrai que la pudeur qui caractérise notre catégorie sociale fait que l’on est pas du genre à crier sur les toits notre désarroi ou notre mal être… 

J’ai grandi dans une un environnement où on vous qualifiez de fainéant (voire de bon à rien) dès que vous restiez assis plus de 5 minutes. Lorsque j’ai eu l’âge de travailler, c’est-à-dire vers mes 7 ou 8 ans, j’ai aidé mes parents dans le restaurant familial. Nos vacances scolaires, mes frères et moi, nous les passions à faire la plonge midi et soir et à dresser les tables pour les clients.

Durant mes rares moments de détente, j’aimais m’évader seul avec mon ballon de foot essayant de battre le record de jongles ou tentant de reproduire un coup franc marqué la veille par un dénommé Platini. Le sport a ainsi toujours été ma soupape de décompression.

Mes premiers pas dans la vie d’adulte

Après avoir été un bon soldat à la maison, je suis rentré à l’armée comme gendarme auxiliaire pour une éventuelle carrière. Je me suis aperçu très tôt que l’armée avait beaucoup trop de points commun avec la maison pour envisager mon avenir chez eux. De toute façon, même si j’avais voulu y rester, je crois que mon côté fêtard et mes 40 jours de trou n’auraient pas joué en ma faveur… Une fois l’armée terminée, je suis revenu au bercail avec la ferme intention de ne pas y croupir.

J’ai donc suivi ma petite amie de l’époque pour m’éloigner du stress et de l’agitation des cuisines du restaurant familial. L’éducation autoritaire de mon père a eu raison de mon premier amour. Je suis donc parti à la recherche d’un appart pour surtout ne pas revenir dans ma campagne. Une fois ma garçonnière trouvée, il fallait chercher un travail pour payer le loyer. J’ai multiplié les jobs dans le domaine que je connaissais le mieux, en l’occurrence, la restauration. Serveur le jour, Barman la nuit dans un pub à bière, que du bonheur.

Dès que ma crise d’ado fut terminée, c’est-à-dire vers mes 27 ans, nous avons décidé ma chérie et moi d’enfanter. À bien y réfléchir c’est la meilleure décision que j’ai jamais prise. En effet, plus je regarde mes gamins, sages, calmes, intelligents, plus je me dis que ce n’est pas moi le père, la vie réserve parfois de belles surprises.

Bienvenue dans ma prison dorée

Pour permettre à nos enfants de grandir dans un environnement sain, nous avons déménagé pour vivre à côté du bassin d’Arcachon. Qui dit déménagement, dit nouveau job. N’ayant pas de diplômes, il a fallu que je redémarre à zéro, j’ai donc accepté la première mission d’intérim venue, manutentionnaire dans une scierie. Ce fut un choc, je me souviens encore du premier jour ou plutôt de la première nuit, car j’ai commencé ma mission de nuit. J’avais qu’une seule envie, rebrousser chemin et disparaitre au plus vite.

Mais les mots de mes parents résonnaient dans ma tête : « on ne fait pas toujours c’qu’on veut dans la vie, tu crois que c’était facile pour nous, il faut bosser même si on n’aime pas ce qu’on fait. On n’est pas des fainéants dans la famille ». Ces paroles ont fait de moi quelqu’un d’assujetti, d’aigri, reproduisant le schéma de ses parents, être esclave de son travail. Evidemment, ayant toujours vécu ma vie par procuration, je n’ai pas fait demi-tour et cela fait bientôt 18 ans que je travaille dans cette usine de fabrication de palettes. 18 ans à vivre cette violence symbolique, qui selon Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, « s’exerce avec le consentement implicite des dominés, car ceux-ci ne disposent, pour penser cette domination, que des catégories de pensée des dominants. »

Comme beaucoup de mes collègues, je ne compte pas mes heures. Pour ma part je le fais dans un but bien précis, gravir les échelons et donner du sens à ce travail. Aujourd’hui, c’est chose faite, je fais partie de l’encadrement, je devrais être fier et pourtant…

Cela fait bientôt deux ans que j’ai accepté d’endosser ces nouvelles responsabilités, mais mon parcours scolaire chaotique et mon éducation ne jouent pas en ma faveur. Pour essayer de combler mes lacunes, une fois rentré à la maison, je passe des heures sur internet à me former aux logiciels de traitement de texte. En parallèle je dois apprendre et maitriser au plus vite les procédures liées à la qualité des produits afin de bien respecter le cahier des charges clients, préparer les audits, contrôler les chargements, gérer le stock, etc.

Tout ceci ne serait rien, si je n’avais pas ce syndrome de l’imposteur. Ce syndrome fréquent se dévoile souvent chez les autodidactes non diplômés. Les personnes qui sont dans cette situation ne se sentent pas dignes de ce qui leur a été confié ou de ce qu’ils ont obtenu. Pour ma part cela se caractérisait par cette impression de devoir démontrer chaque matin que je méritais mon poste.

Jusqu’au burnout…

Le burnout n’est pas quelque chose que l’on prévoie. On est souvent dans le déni, on se donne à fond dans son travail, on ressent les symptômes : perte de mémoire, de concentration, mauvais sommeil, on a l’impression que cela vient de nous, que l’on n’est pas assez performant. À tout cela vient s’ajouter le manque de reconnaissance de sa hiérarchie, un sentiment d’injustice et les dégâts que cela occasionne dans le cercle familial. Dans mon cas, cela se traduisait par de l’agressivité dans les mots, aucune disponibilité pour ma famille et une très grosse fatigue. Je ne vivais que pour le travail avec cette petite voix qui me disait « tu dois y arriver, tu dois y arriver…»

J’ai tenu à partager mon histoire pour alerter les personnes qui se reconnaitraient dans les différents symptômes cités plus haut mais aussi pour sensibiliser celles qui se disent : « Ça ne m’arrivera jamais, cela n’arrive qu’aux gens faibles de caractère ».

En réalité, il n’existe pas de profil type prédestiné au burnout. On ne compte plus de nos jours le nombre d’infirmières, de médecins, de cadres, de chefs d’entreprises épuisés professionnellement sans compter ceux qui ne veulent pas le reconnaitre.

Et puis ce jour arriva, un entretien avec ma direction générale, le manque de considération, la surcharge de travail et le mot de trop somme tout banal ont eu raison de moi. J’ai tiré ma révérence, rideau !

Cela fait maintenant 8 mois que mon médecin m’a diagnostiqué un burnout. Aujourd’hui, je remercie ma femme, car sans elle, je ne serais même pas allé chez le médecin. Les conséquences pour ma famille et pour moi auraient été désastreuses. Perte d’emploi pour abandon de poste, perte des indemnités de licenciement, pas de suivi thérapeutique, bref la descente aux enfers.

Cela faisait 18 ans que j’étais dans cette entreprise et autant d’années à me murmurer, « mais qu’est-ce que tu fous là ? » sans pour autant reconnaitre que ce job n’était pas fait pour moi. Il a fallu ce tout petit rien pour que la machine s’enraye et dise stop. Il s’en est suivi une dépression et cette phrase pour principale amie : « t’es vraiment qu’un minable ! » avec, le sentiment d’avoir failli à mon devoir de chef de famille parce qu’aspiré dans la spirale du burnout.

Ma renaissance grâce à la thérapie et au développement personnel

Je suis resté plus de 5 mois dans mon canapé tel une loque avec ce sentiment de culpabilité, altérant l’image du père solide, dynamique et sûr de lui que j’ai toujours donné à mes enfants, se relevant à chaque mauvais coup de la vie.

Cette période difficile permet de se recentrer, de se retrouver, surtout quand cela fait des années que l’on joue un rôle. Petit à petit je m’autorise à sortir de chez moi, à voir un peu de monde sans trop me sentir coupable. Grâce à la thérapie, et au programme de développement personnel que j’ai suivi, j’ai pu rebondir et je ressens peu à peu ces vibrations au fond de moi, une plus grande estime de moi et par ricochet la confiance en moi et dans les autres commence à s’installer à nouveau. J’apprends à m’aimer tel que je suis, à accepter de ne pas être parfait, à relativiser.

Aujourd’hui, j’accueille ce burnout comme un privilège. Certes cela restera, sans aucun doute une des périodes les plus difficiles de ma vie mais, avec le recul, je considère cet évènement comme une véritable chance. Je vis enfin ma vie, pas celle de mes parents, d’un patron ou de je ne sais.

J’ai désormais la ferme intention de ne plus laisser à d’autres le soin de définir qui je suis et ce que je dois être en tant que personne. Goodbye Comfort Zone !

12 Nov

Déjà tout jeune, j’avais des rêves, des rêves plein la tête.

Des rêves d’aventure, des rêves d’une vie pas comme les autres. Une vie de challenges, une vie où les jours se suivent mais ne se ressemblent pas.

Après une scolarité chaotique, j’intègre en 2009 l’école nationale des sous-officiers d’active, me voilà militaire.

Me voilà tantôt sillonnant les routes d’Afrique centrale à la nature luxuriante, à l’écosystème incroyable, faire de la pirogue sur l’Oubangui-Chari ou me baigner dans les magnifiques chutes d’eau de Boali. Me voilà tantôt vivre dans le désert malien, entre sable et chaos, montagnes au paysage lunaire. Me voilà finalement sous le feu, essuyant des orages de plombs pendant plusieurs heures, plusieurs jours, sans trop manger ni dormir, confronté à la chute d’un système, confronté à l’horreur des hommes.

Las de voir la vie côté sombre, la guerre, les hommes, les armes, la difficulté permanente, mettre mon corps à l’épreuve ; las d’utiliser ma vie à des fins qui ne me correspondent pas. J’ai envie d’apporter du positif, d’apporter du positif dans ma vie et dans celles des autres.

Je décide de changer de vie, de sortir de ma zone de confort, comme quoi la notion de cette zone est largement subjective.

Je me lance, j’essaie, je le fais.

Après une descente aux enfers, je reprends ma vie en main. Je décide de me faire mal. Je retourne au sport, j’ouvre un bouquin pour la première fois depuis six ans. Et là, une soif de connaissances s’empare de moi, un sentiment incroyable m’étreint.

J’étudie avec assiduité, seul, chez moi. Je découvre le développement personnel.

Je lis, j’apprends, je regarde des vidéos.

Je découvre l’art de lâcher prise, la magie du rangement, la méditation, le 5AM miracle, le chronorêve. Je redécouvre l’escalade, le sport, rencontrer des personnes motivantes.

Je décide de me spécialiser dans le marketing digital. Je suis des formations à distance, je cherche des vidéos sur YouTube, je m’inscris à la bibliothèque. Je mets tout en œuvre pour atteindre mes objectifs.

J’avale les mots un par un, deux par deux, jusqu’à plus soif.

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Le 1er Septembre 2016, je me lance enfin, les statuts sont créés, je lance mon entreprise.

Je suis confronté pour la première fois au monde civil, qui n’a aucune commune mesure avec le monde que je connaissais, où les codes sont différents. J’essaie de m’adapter au mieux. Je sors d’un monde où mes compétences étaient connues et reconnues à un monde où je ne suis rien.

Je dois me remettre en question, mettre de côté mes croyances limitantes.

J’ai décidé de faire des valeurs humaines les fondations de cette entreprise, aider les autres entreprises à se développer, aider les autres à réaliser leurs rêves, à atteindre leurs objectifs.

J’adapte mes prix en fonction de la taille de la structure qui fait appel à moi, j’offre des conseils pour aider celles et ceux qui ont le moins de moyens. J’aide les demandeurs d’emplois à structurer leur CV, et bientôt je m’engagerai dans la vie associative.

Mes ambitions humaines ne s’arrêteront pas là, j’espère.

Sortir de sa zone de confort fait mal.

Je vous partage la phrase qui guide mes pas au quotidien,

« Les vrais héros ne sont pas ceux qui ne tombent jamais, ce sont ceux qui se relèvent toujours ».

15 Oct

Il y a un an je me retrouvais à la croisée des chemins : après 6 mois passés en prépa afin de passer les concours de journalisme (que j’avais raté) je devais prendre la décision de savoir ce que j’allais faire de mon année : retourner en prépa ou sortir du système éducatif  et suivre mon désir de découvrir le monde et de faire quelque chose de différent.

J’ai toujours été la passive observatrice des voix et discours qui s’opposaient en moi : ne m’étant jamais sentie à ma place au sein de mon milieu social ou du monde occidental plus généralement, j’ai toujours eu le désir d’aller découvrir le monde afin de trouver ma place et un environnement dans lequel je pourrais finalement m’épanouir.

Je vivais mes années en attendant désespérément mes vacances d’été qui étaient toujours l’occasion de nouvelles aventures et découvertes. Je n’ai jamais eu peur de l’inconnu et ai toujours eu un attrait particulier pour la nouveauté, je voyais dans ces voyages l’opportunité de découvrir des cultures et modes de pensée alternatifs afin de m’enrichir et d’évoluer. Jusque là, je me sentais beaucoup plus aventurière que beaucoup de mes amis (préférant par exemple partir seule pour susciter la rencontre) et ne me posait jamais la question de quelles étaient mes peurs ou ma « zone de confort ». Et c’est en prenant cette décision que le concept m’est apparu clairement : ma plus grande crainte c’était de quitter le système éducatif, de me retrouver sans ce « filet de sécurité » qui me permettait de vivre pleinement mes expériences estivales, sachant que pendant l’année j’avais une structure et une « voie » toute tracée.

Paradoxalement , je ne me sentais pas à l’aise dans la société  mais je cherchais tout de même son approbation, venant d’un milieu « élitiste » je voyais tous mes amis rentrer dans des grandes écoles et me demandait quelle était la raison de mon échec, je n’étais pas plus bête que les autres et souhaitait au fond de moi être acceptée par une institution afin de pouvoir prouver ma valeur au monde,  » Regardez, je fais l’ESJ j’appartiens donc à l’élite intellectuelle ! « . Ce paradoxe met en exergue un fait important qui touche la majorité d’entre nous : Que fait-on pour nous, notre bien être et développement et que fait-on pour le regard des autres ?

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En un an d’aventures et de voyages, j’ai eu à de nombreuses occasions de sortir de ma zone de confort, ce que je peux vous transmettre en premier lieu, c’est qu’une fois le premier pas fait, c’est un cercle positif qui se met en place et qui nous pousse en permanence à nous dépasser et à chercher plus : de 5 mois en Afrique du sud dans un milieu relativement occidental, je décidais de partir 3 mois seule en Tanzanie, ou la seule langue parlée couramment était le swahili et ou j’ai eu pour seule compagnie ma propre personne.

Ce qu’il faut comprendre avec la zone de confort, c’est qu’elle englobe de nombreux paramètres dont nous ne sommes pas conscient : en fonction de là où l’on né, de notre éducation, milieu social et personnalité nous développons des façons de penser et visions qui s’adaptent à n’importe quelle situation, notre vérité subjective nous pousse à mettre les expériences et personnes dans des boites afin de rassurer notre système de croyance. La magie de l’opération réside donc dans le fait que sortir de sa zone de confort nous permet de casser ces cercles souvent peu vertueux afin d’envisager la vie d’une autre façon, souvent bien plus positive et en adéquation avec qui l’on est vraiment. Sortir de sa zone de confort, c’est laissé l’opportunité à ce que l’on peut appeler intuition, cœur ou âme de s’exprimer pleinement et de laisser libre court à tout notre potentiel créatif en s’étant extrait de toutes les peurs que la société, les médias ou institutions nous transmettent.

Je n’ai jamais autant évolué et changé en un an qu’en 22 ans de vie en France : Durant mes 5 premiers mois en Afrique du sud j’ai eu l’opportunité de travailler pour une ONG qui avait pour éthique de donner aux autres tout en s’amusant. Premier choc pour moi, les rôles étaient redéfinis, l’action sociale n’avait pas à nous mettre dans un rôle supérieur de bienfaiteur mais au contraire nous pouvions partager un moment d’égal à égal où chacun d’entre nous prenait autant de plaisir .

L’expérience ne s’arrêtait pas là car mes boss avaient aussi comme but de me faire sortir de ma zone de confort et ce dès les premiers jours, moi la pro des grasses matinées j’étais tirée du lit a 5h du matin pour escalader des montagnes avant d’aller travailler, pour participer aux Secret sunrise (le principe est de danser pour le lever du soleil pour bien commencer sa journée) ou je partais en road trip « eco friendly » et mon travail de la journée était de sauter d’un pont déguisée en Mary Poppins (moi qui avait peur du vide).

Je suis bien consciente que ce type d’entreprise n’existe pas partout. Peu importe vos aspirations ou qui vous êtes, cela m’a appris qu’il ne faut jamais se « contenter » de la facilité, de ce qui est rassurant ni de ce que la société vous a inculqué de la notion de travail. Cela m’a également appris que si jamais la société ne vous donne pas l’espace nécessaire ou que vous n’arrivez pas à vous adapter, cela veut seulement dire que c’est à vous de créer cet espace.

J’ai créé une chaine youtube afin d’exprimer pleinement ma créativité sans devoir répondre au cahier des charges de quelqu’un d’autre. J’ai organisé une « soupe populaire » où nous prenons plaisir à danser chaque semaine au rythme des groupes locaux. J’ai aussi pris part à l’organisation d’expositions de jeunes collectifs d’artistes qui prennent plaisir à s’exprimer sans auto-critique ni validation extérieure, juste pour le plaisir de créer et partager.

Ayant appris à faire le premier pas, j’ai pu par la suite entre autres changer mon alimentation, mon entourage et certaines de mes habitudes néfastes afin d’enfin mettre en adéquation mes idéaux avec mon mode de vie quotidien. Aujourd’hui, j’aime me considérer comme un « human in progress », quelqu’un qui se libère petit à petit de ses chaines, qui prend pleinement conscience de son potentiel créatif  et qui souhaite avoir un impact positif sur la vie des autres. Changer de vie n’est pas quelque chose qui se produit du jour au lendemain mais de mon humble expérience en prendre le chemin est le plus grand service à se rendre !

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